La barrière des brevets
24 septembre, 2008
Selon Antidote :
brevet d’invention : titre donnant un droit exclusif d’exploitation pour un temps déterminé, conféré par le gouvernement à une personne qui prétend être l’auteur d’une découverte, d’une invention industrielle.
Aujourd’hui, un article de la BBC mettait la lumière sur les barrières que sont parfois ces brevets. On est loin de l’histoire de l’inventeur de garage qui veut protéger son «oeuvre». On y apprend que certains brevets bloquent carrément les avancés et progrès dans les domaines médicaux comme la recherche contre le cancer ou la distribution de médicaments pour le sida.
C’est la réalité des compagnies pharmaceutique, qui pour protéger leurs découvertes et leur investissement massif, vont jusqu’à breveter des gènes humains. Un exemple cité dans l’article est le cas des gènes responsable du cancer du sein, BRCA1 et BRCA2 qui sont la propriété de la firme de biotechnologie Myriad Genetics. On en est rendu là, mes amis. Si vous pensez que tout ça n’est que science-fiction, détrompez-vous. Le cas de Myriad Genetics n’est pas une exception, c’est la règle. Prenez donc un instant pour penser à l’ampleur du phénomène. Ne trouvez-vous pas cela quelque peu, disons, malsain?
Je crois que cela est un indicateur bien précis qu’il y a des choses à changer. Le simple fait de penser que des gènes humains soient brevetés par des compagnies privées me fait mettre en doute les capacités de jugement du Bureau des brevets. Les gènes font partie intégrante de nous, en ce sens ils n’appartiennent à personne. Personnellement, je trouve cette situation complètement dégueulasse.
Je dis ça, mais dans le fond je comprends les firmes qui agissent de la sorte. Je n’excuse pas leur geste, mais je le comprends. Nous vivons dans un système capitaliste et en ce sens, les compagnies pharmaceutiques ne sont pas différente de n’importe quelle autre compagnie. Elles ne sont pas là pour sauver le monde,mais pour faire de l’argent. Le but est le même pour les firmes de biotechnologie comme Myriad Genetics, où un gène est synonyme de signe de piasse. Le bien commun? Quel bien commun?! Ça fait longtemps que ce concept a été oublié…
Pensez-vous vraiment que le sida soit incurable? Voyons! Si on guérit le sidéen, on ne pourra plus lui vendre de médicaments jusqu’à la fin de sa vie. Même chose pour le diabétique obligé de se shooter de l’insuline chaque jour. Pas besoin d’être un génie pour comprendre que l’industrie pharmaceutique est une véritable mafia et qu’elle commet un crime grave, un crime contre l’humanité.
Quoi qu’il arrive, une découverte, une idée lancée, n’appartient plus à son auteur. Galilée s’est récusé, mais la terre n’a pas pour autant cessé de tourner.
-Emmanuel Boundzéki Dongala
Éducation: pourquoi nous sommes dans le champs
15 septembre, 2008
Récemment, je suis tombé sur ce vidéo de l’excellent site web TED.com, que je vous suggère vivement de visiter.
Dans le vidéo, Ken Robinson, un PhD et auteur britannique, s’interroge sur le système d’éducation publique actuel. Il propose un changement radical qui prendrait davantage en compte la créativité des gens et les multiples types d’intelligence. J’ai voulu en connaître plus sur ses idées et dans un podcast, il explique davantage sa vision des choses et propose ses solutions.
Selon lui, le problème réside dans le fait que l’éducation doit, entre autres choses, développer les habiletés naturelles des gens et que c’est cette facette qui est présentement absente du système actuel. Au contraire, il croit que l’école a plutôt tendance à séparer les gens de leurs talents naturels.
À son avis, l’éducation est devenue de plus en plus limitée jusqu’à mettre l’accent sur certaines disciplines précises, en négligeant ou même éliminant certaines autres comme les arts. Celles qui restes ont tendance à êtres enseignés d’une façon très étroite.
Je considère que c’est une bonne observation, mais d’après moi le problème est beaucoup plus gros que ça. L’éducation et l’état même de notre monde sont intimement reliés. Avec le système d’éducation présent, on se retrouve dans le monde actuel qui soit dit en passant, s’en va tout droit vers un précipice. Voici une citation très intéressante de Robinson:
The problem, if I can just characterize it, is that most of our national systems of education, I don’t just mean in America, but worldwide, it’s worth remembering it, were invented pretty much in the 18th and 19th centuries to meet the needs of the industrial economy. In many ways, they’re based on the principal of industrialism.
Now, they are about a linear process of planning, it’s like a production line, it’s about conformity. It’s about educating people in batches.
Voilà. L’époque est différente, mais le modèle est resté le même, l’école est une usine à former de bons petits travailleurs dociles. On les éduque en batches en leur bourrant le crâne au lieu de leur montrer comment réfléchir. La pensée critique? Trop compliqué. Les questionnements et l’argumentation? Ça prend trop de temps. L’éthique et l’humanisme? La penséecréatrice? Pas le temps pour le pelletage de nuage, au boulot! Il faut que ça roule!
Ce que je constate et qui m’attriste c’est la raison pour laquelle nous faisons cela et nous continuons d’agir ainsi. Cette raison est très simple : nous ne savons pas ce que nous voulons et nous n’avons pas de but commun. Pensez-y, qu’est-ce que nous voulons accomplir en tant que société? Où s’en va-t-on? Quelle est la prochaine étape dans l’aventure humaine? On ne sait pas, et parce qu’on ne sait pas, nous continuons de vivre ainsi sans nous remettre en question. Un processus souvent difficile, ça implique de s’arrêter, de se questionner face à nous-mêmes, à nos valeurs et à ce que nous faisons.
Si seulement nous prenions le temps de nous demander : est-ce que la façon dont nous éduquons les gens contribue au bien commun et à celui de l’individu? Est-ce qu’il n’y a pas un lien entre l’éducation que nous recevons et l’état du monde dans lequel on vit? Peut-être aurions-nous un monde meilleur si nous nous interrogions à ce sujet, car la réponse est évidente.
Voici une autre citation de Ken Robinson:
The combination of population growth and the changing nature of work, that then pushes as you say to a knowledge economy has massively expanded higher education around the planet.
So, in the next 30 years, more people will be going to university than the total number since the beginning of history. So, what’s the university is going to be worth when we have all got one?
[...]
When people talk about getting back to basics, I just wish we would. Going back to basics to me means, recognizing that there is an economic revolution happening, and the only way we can contend with this is by having a much richer, and a much more accurate sense of human capacity, and we should be developing all of our talent. The good news is that we can do that, we know how to do that, and the best way to prepare our kids for the future is to have them firing on all cylinders. To really know what they are good at, and to be confident they can do that.
Nous ne pouvons continuer d’utiliser le modèle éducationnel présent quand on sait très bien que cela nous mène tout droit dans un mur! Si nous avons une planète polluée, une société de surconsommation, et une politique extrêmement limitée, c’est en grande partie à cause d’un manque de vision et d’ambition. En ce sens, nous récoltons ce que nous avons semé et nous avons ce que nous méritons. Nous avons atteint un plateau et notre devoir est de le constater et agir en fonction de l’avenir de l’humanité.
Je vais être honnête avec vous, ce n’est pas une simple réforme que ça va prendre, c’est une refonte complète. On efface tout et on reconstruit sur de nouvelles bases plus solides et plus humaines. Nous devons former des citoyens actifs avec un regard sur l’avenir au lieu de carriéristes centrés sur eux-mêmes. Le crédo du chacun-pour-soi ne peut plus fonctionner. Les gens doivent être plus conscients, plus éveillés et connectés au monde dans lequel ils évoluent. C’est cela que nous avons besoin. Rien de moins.