Récemment, je suis tombé sur ce vidéo de l’excellent site web TED.com, que je vous suggère vivement de visiter.

Dans le vidéo, Ken Robinson, un PhD et auteur britannique, s’interroge sur le système d’éducation publique actuel. Il propose un changement radical qui prendrait davantage en compte la créativité des gens et les multiples types d’intelligence. J’ai voulu en connaître plus sur ses idées et dans un podcast, il explique davantage sa vision des choses et propose ses solutions. 

Selon lui, le problème réside dans le fait que l’éducation doit, entre autres choses, développer les habiletés naturelles des gens et que c’est cette facette qui est présentement absente du système actuel. Au contraire, il croit que l’école a plutôt tendance à séparer les gens de leurs talents naturels. 

À son avis, l’éducation est devenue de plus en plus limitée jusqu’à mettre l’accent sur certaines disciplines précises, en négligeant ou même éliminant certaines autres comme les arts. Celles qui restes ont tendance à êtres enseignés d’une façon très étroite. 

Je considère que c’est une bonne observation, mais d’après moi le problème est beaucoup plus gros que ça. L’éducation et l’état même de notre monde sont intimement reliés. Avec le système d’éducation présent, on se retrouve dans le monde actuel qui soit dit en passant, s’en va tout droit vers un précipice. Voici une citation très intéressante de Robinson:

 

The problem, if I can just characterize it, is that most of our national systems of education, I don’t just mean in America, but worldwide, it’s worth remembering it, were invented pretty much in the 18th and 19th centuries to meet the needs of the industrial economy. In many ways, they’re based on the principal of industrialism.

Now, they are about a linear process of planning, it’s like a production line, it’s about conformity. It’s about educating people in batches.

 

Voilà. L’époque est différente, mais le modèle est resté le même, l’école est une usine à former de bons petits travailleurs dociles. On les éduque en batches en leur bourrant le crâne au lieu de leur montrer comment réfléchir. La pensée critique? Trop compliqué. Les questionnements et l’argumentation? Ça prend trop de temps. L’éthique et l’humanisme? La penséecréatrice? Pas le temps pour le pelletage de nuage, au boulot! Il faut que ça roule! 

Ce que je constate et qui m’attriste c’est la raison pour laquelle nous faisons cela et nous continuons d’agir ainsi. Cette raison est très simple : nous ne savons pas ce que nous voulons et nous n’avons pas de but commun. Pensez-y, qu’est-ce que nous voulons accomplir en tant que société? Où s’en va-t-on? Quelle est la prochaine étape dans l’aventure humaine? On ne sait pas, et parce qu’on ne sait pas, nous continuons de vivre ainsi sans nous remettre en question. Un processus souvent difficile, ça implique de s’arrêter, de se questionner face à nous-mêmes, à nos valeurs et à ce que nous faisons.

Si seulement nous prenions le temps de nous demander : est-ce que la façon dont nous éduquons les gens contribue au bien commun et à celui de l’individu? Est-ce qu’il n’y a pas un lien entre l’éducation que nous recevons et l’état du monde dans lequel on vit? Peut-être aurions-nous un monde meilleur si nous nous interrogions à ce sujet, car la réponse est évidente.

Voici une autre citation de Ken Robinson:

 

 The combination of population growth and the changing nature of work, that then pushes as you say to a knowledge economy has massively expanded higher education around the planet.

So, in the next 30 years, more people will be going to university than the total number since the beginning of history. So, what’s the university is going to be worth when we have all got one?

[...] 

When people talk about getting back to basics, I just wish we would. Going back to basics to me means, recognizing that there is an economic revolution happening, and the only way we can contend with this is by having a much richer, and a much more accurate sense of human capacity, and we should be developing all of our talent. The good news is that we can do that, we know how to do that, and the best way to prepare our kids for the future is to have them firing on all cylinders. To really know what they are good at, and to be confident they can do that.

 

Nous ne pouvons continuer d’utiliser le modèle éducationnel présent quand on sait très bien que cela nous mène tout droit dans un mur! Si nous avons une planète polluée, une société de surconsommation, et une politique extrêmement limitée, c’est en grande partie à cause d’un manque de vision et d’ambition. En ce sens, nous récoltons ce que nous avons semé et nous avons ce que nous méritons. Nous avons atteint un plateau et notre devoir est de le constater et agir en fonction de l’avenir de l’humanité.

Je vais être honnête avec vous, ce n’est pas une simple réforme que ça va prendre, c’est une refonte complète. On efface tout et on reconstruit sur de nouvelles bases plus solides et plus humaines. Nous devons former des citoyens actifs avec un regard sur l’avenir au lieu de carriéristes centrés sur eux-mêmes. Le crédo du chacun-pour-soi ne peut plus fonctionner. Les gens doivent être plus conscients, plus éveillés et connectés au monde dans lequel ils évoluent. C’est cela que nous avons besoin. Rien de moins.

4 réponses vers “Éducation: pourquoi nous sommes dans le champs”

  1. De nos jours, c’est très facile d’avoir un diplôme universitaire, car les critères sont rabaissés de plus en plus. Donc, par défaut, le diplôme universitaire perd de la valeur, car déjà trop de monde réussissent en avoir.

    Même moi, je n’ai pas un tel diplôme, mais je serais pour qu’on resserre les critères (entre autres au niveau de la qualité du français) pour que la valeur du diplôme soit rehaussée.

    J’ai souvent entendu que dans certains domaines, nommément la communication, on peut presque dire qu’on crée des chômeurs, car le boom est tellement important dans ce domaine qu’il y a plus de main d’oeuvre que de postes. C’est très contrariant…

  2. Rémi a dit

    Détracteur: La perte de valeur des diplômes est une des facettes du problème qu’il faudra surveiller de près dans les années à venir.

    Combien d’élève s’en vont au Cégep chaque années sans savoir ce qu’il veulent faire comme travail, ce qu’il veulent accomplir dans leur vie? Ils vont l’a bas tout simplement parce que c’est la prochaine étape “logique” après le secondaire, tout comme l’université est la prochaine étape après le Cégep.

    Les études “supérieurs” sont rendu la norme, le chemin “par défaut” parce qu’on forme des élèves pour le trip de former des élèves, sans se demander ce qu’on a besoin pour l’avenir. Un élève qui rentre à la maternelle aujourd’hui va prendre sa retraite en 2068. De quoi va avoir l’air le monde en 2068? Personne ne sait, mais pourtant on continue de former des gens pour le fun, alors que c’est à demain qu’il faut penser. On continue de mettre du pétrole dans nos voiture sans penser plus loin que le dépanneur où on s’en va. C’est insensé!

    Durant la révolution industrielle, les proportions étaient différentes car les gens de métier “manuel” était plus nombreux que les universitaires, qui occupaient les postes de bureaucratie et de conception. Maintenant que nous avons atteint le plateau et que nous avons l’abondance, c’est le contraire qui se produit; les universitaires sont la norme parce qu’on en a fait la norme. La balance était beaucoup plus équilibré dans le temps de la révolution industrielle, même si ce modèle là est désuet maintenant.

    Nous devons nous interroger sur ce qu’on attend de l’éducation et des élèves qu’elle produit. Donner des diplômes pour le trip de donner des diplômes, c’est clair que ce n’est pas la bonne méthode.

  3. Oui j’ai bien aimé le passage concernant les besoins de l’ère industrielle. Et concernant les diplômes, bien que je prône l’éducation accessible pour tous, je suis intimement convaincu que l’éducation supérieure n’est pas faite pour tous.

    Tous devraient pouvoir avoir leur chance, mais tous ne devraient pas réussir leur diplôme. Car il fut un temps où, de l’université, ne sortaient que les meilleurs… Et maintenant, ceux qui ne sont pas la crème de la crème ont des alternatives.

    Et je précise à nouveau que je ne suis pas universitaire, enfin, je n’ai fait d’études universitaires que pour un certificat, question d’aller un peu plus loin dans mon domaine.

  4. Rémi a dit

    Le Détracteur: Merci de venir visiter mon blogue!

    Personnellement, je crois que ce n’est pas tant une question de filtrer les meilleures ou d’être plus sévère dans les critères de réussite, mais de savoir ce qu’on veut comme société. Si on avait un système où l’université n’était pas seulement une simple destination où vont étudier des gens après le Cégep, ce serait déjà un bon début.

    Tu l’as très bien dit, l’université n’est pas faite pour tous. Le problème c’est qu’en ce moment une énorme quantité de gens vont étudier l’a bas pour rien, tout en payant dans certains cas des frais astronomiques.

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